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Poirier

Comme une brise d’été

Le printemps en est encore à ses premiers jours que l’on fait déjà des plans pour combler les soirées de l’été qui se dessine un peu plus de jour en jour. Question de s’y retrouver parmi les centaines d’activités et de festivals qui meubleront les rues de la ville et les agendas de ses résidents, voici quelques suggestions qui pourront peut-être vous donner l’envie de faire quelques découvertes musicales tout en profitant du beau temps.

Karnival v.9
Le 25 mars au Belmont

poiriersound.com & facebook

À peine revenu d’une série d’apparitions au festival SXSW en compagnie de Boogat et à quelques heures d’une présence à Toronto pour les Junos où il est nominé dans la catégorie de l’album électronique de l’année, Poirier reprend contrôle du système de son du Belmont pour la neuvième édition de Karnival après quelques mois à se produire à l’extérieur de ses murs.

Pour l’occasion, le producteur et DJ montréalais sera accompagné de DJ Lexis, auteur du blog musical musicismysanctuary.com et sélecteur émérite de rythmes, et avec comme invité spécial Schlachthofbronx. Il s’agira là de la première performance du duo allemand à Montréal, duo qui a su s’attirer l’attention des critiques et du public au cours de 2010 avec la parution de deux EP sur Man Recordings et d’un autre sur Mad Decent, l’étiquette gérée par le réputé Diplo.

Soca, baile funk, basses en tous genres et airhorns sont à prévoir. Pour s’y préparer, pourquoi ne pas s’exercer les oreilles avec le podcast de Schlachtofbronx réalisé pour le magazine XLR8R.

Montreal Hip Hop Karaoke
Le 31 mars au Belmont
hhkmtl.com & facebook

L’équipe derrière le succès des vendredis Get Nice au Blizzarts s’attaque à un second projet en parallèle avec leur soirée de rap hebdomadaire en introduisant à Montréal le concept de karaoke hip-hop. Déjà populaire dans plusieurs métropoles américaines ainsi qu’à Vancouver et Toronto, la formule attendait l’expertise d’acteurs accomplis du milieu pour rendre justice au caractère à la fois divertissant et théâtral de l’évènement.

C’est ainsi que la première édition de ce que l’on espère déjà devenir un événement régulier se tiendra le 31 mars prochain au Belmont, sous la gouverne du maître de cérémonie D-Shade avec DJ Cosmo aux beats.

La soirée Get Nice célèbre par ailleurs son premier anniversaire ce vendredi 25 mars au Blizzarts (3956A St-Laurent) en compagnie de DJ Cosmo et la participation spéciale de DJ Numark, renommé entre autres pour ses productions au sein de Jurassic 5.

Piknic Électronik
Chaque dimanche à partir du 23 mai

piknicelectronik.com

Tous les dimanches de l’été, de la fin mai au début octobre, l’équipe du Piknic Électronik s’installe sur les rives du Saint-Laurent pour partager la musique électronique dans toutes ses dérivations avec amateurs aussi bien que profanes. Avec sa vue imprenable sur le centre-ville de Montréal depuis le parc Jean-Drapeau, l’évènement hebdomadaire a pour mission de démocratiser ce registre qui peut paraître mystérieux aux yeux de ceux qui ne seraient pas familiers avec ce genre de musique et qui chercheraient une porte d’entrée pour s’y introduire.

Pour cette raison, l’ambiance y est amicale, décontractée, festive et familiale, avec un coin pour les petits et beaucoup d’espace vert pour s’asseoir et profiter d’un pique-nique — essentiel pour tous ceux qui souhaiteraient amener leur propre alcool sur le site.

Les détails de la programmation seront annoncés au début du mois de mai sur le site Internet du festival, mais l’on peut déjà s’attendre à ce que la seconde scène fasse son retour cette année suite au succès qu’elle a suscité lors de l’édition précédente en offrant une visibilité toute spéciale aux artistes locaux.

Mutek
Du 1er au 5 juin
mutek.org

Après avoir célébré en grand son 10e anniversaire en 2009, Mutek — l’un des plus importants festivals de musique électronique au monde — est de retour en force cette année avec une programmation variée et audacieuse, à l’image du paysage de la musique électronique autour du monde.

Parmi la première vague d’artistes qui ont confirmé leur présence pour cette 12e édition figurent déjà quelques uns des plus illustres représentants de chaque sous-branches de ce registre musical. C’est ainsi qu’Amon Tobin — un des artistes phares du label Ninja Tune — présentera en première mondiale sa nouvelle performance audiovisuelle, et que le duo berlinois Modeselektor sera de retour en ville après avoir séduit Montréal à de nombreuses reprises par le passé, pour piloter une soirée spéciale Modeselektion (avec, entre autres, la participation présumée de Siriusmo).

Bien que les allemands occupent toujours une place centrale au sein de la programmation due à l’importance de leur capitale qui constitue un pôle d’attraction et de création dans le milieu, des artistes de tous les horizons seront également en vedette dans le cadre de la prochaine édition. Four Tet, Floating Points et James Holden représenteront fièrement le Royaume-Uni alors que Mika Vainio et Radiq incarneront la créativité de la Finlande et du Japon. Les canadiens ne sont pas non plus laissés de côté dans cette démonstration de savoir-faire multidisciplinaire, puisque Babe Rainbow, Calamalka, Deadbeat, Stephen Beaupré et Jacques Greene ne sont que quelques noms qui représenteront notre nation au cours de ce marathon de cinq jours.

Osheaga
Les 30 et 31 juillet
osheaga.com

La programmation de la 6e édition de ce festival est sur le point d’être annoncée, mais si l’on se fie à la diversité des artistes présentés au cours des années précédentes et au succès sans cesse grandissant de l’évènement, on peut s’attendre une fois de plus à un festival haut en couleurs cette année.

Bien que principalement axé sur le rock, le festival présente également des performances dans d’autres registres de musique, grâce entre autres à l’expertise des partenaires avec qui il s’est associé au cours des dernières années. C’est ainsi que l’on avait par exemple eu droit à la présence de Major Lazer, de Mary Anne Hobbs et de Lazer Sword lors de l’édition précédente avec la collaboration du Piknic Électronik, ainsi que des Japandroids, d’Arcade Fire et de Weezer avec celle du festival Meg. Une fin de semaine pleine de souvenirs.

À venir : Karnival v.8

Pour la deuxième année consécutive, la Nuit Blanche du festival Montréal en Lumière sera l’hôte d’une des soirées Karnival de Poirier, où rythmes d’ici et d’ailleurs se métisseront l’espace d’une nuit dans une ambiance de fête des pays du Sud. Pour l’occasion, il sera rejoint sur la scène du Club Soda par ses collaborateurs habituels Ghostbeard, Face-T et Boogat, mais également par des invités surprises qui seront dévoilés sur la place. Comme lors de tout Karnival, rythmes tropicaux et latins sont à prévoir, d’autant plus que les artistes seront rejoints sur scène par une troupe de danse ainsi qu’une troupe de percussionnistes toutes deux brésiliennes. De quoi transporter dans nos contrées septentrionales une touche de carnaval pour animer la vie nocturne de Montréal.

Un habitué du festival, Poirier et ses invités avaient facilement rempli la salle plusieurs fois l’année précédente avec la présence conjointe des inconditionnels de ses performances et du flux de curieux qui naviguent d’une activité à l’autre durant cette longue nuit. Curieux que l’on sentait d’ailleurs plutôt réfractaires à l’idée de quitter le Club Soda après y avoir mis les pieds une fois confrontés à l’ambiance dressée par le compositeur montréalais soutenu de ses MC. Pour cette raison, on suggère à ceux qui souhaiteraient assister à cet évènement gratuit d’arriver tôt pour éviter de faire la file à l’entrée, puisque la salle se remplira rapidement.

Bien que le lineup soit en apparence plus modeste que celui de l’année dernière alors que Bonjay et Valeo figuraient également sur la liste des invités, il ne faut sous-estimer la participation d’invités surprises ainsi que celle des danseurs et percussionnistes qui apporteront leur savoir-faire à la fête. Il y a fort à parier que le succès se répétera une fois de plus grâce à l’expérience de 2010 que le public n’est pas prêt d’oublier.

Et pour ceux qui n’auront pas perdu l’usage de leurs membres suite à cette soirée, PomPe tes PiPes offrira une performance de 3h à 5h du matin au Métropolis dans le cadre de la Nuit Blanche de Bande À Part, qui célèbrera par la même occasion ses dix années d’existence.

Certains se souviendront peut-être de leur prestation récente à l’Igloofest, alors que ce trio composé des héros de l’ombre du festival avait revêtu le masque d’artisans l’espace de quelques heures pour occuper pour une rare occasion l’avant de la scène plutôt que les coulisses. Les trois mousquetaires ne manqueront pas de leurs 6 mains pour se saisir des contrôles du système de son du Métropolis, alors qu’ils couvriront un large éventail de musique électronique pour démontrer leur maîtrise de différents genres pour le plus grand plaisir des amateurs qui seront du rendez-vous.

On recommande aux guerriers qui affronteront les deux murs de son que seront ces événements de conserver le numéro d’un bon chiropraticien à portée de leur téléphone, parce que le réveil sera douloureux.

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Pour davantage d’information sur ces artistes, consultez leur site Internet au poiriersound.com et au myspace.com/ptpodt, ou joignez-vous aux évènements facebook :

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Quelques extraits de l’édition précédente :

Igloofest, dernière fin de semaine de records

La seconde fin de semaine de l’Igloofest avait déjà battu plusieurs records de suite et le plus important week-end était encore à venir. C’est ainsi sans grande surprise, mais avec néanmoins une grande stupeur, que plus de 20 000 personnes se sont donné rendez-vous pour une dernière fois cette année sur les quais du Vieux Port pour célébrer en grand au son de la musique électronique en plein air.

Au total, se sont plus de 59 000 personnes qui ont passé les tourniquets à l’entrée du site pour venir danser sur les rives du St-Laurent, fracassant l’ancien record de 44 000 visiteurs établi l’année précédente. Autre record battu, celui établi la semaine précédente pour le plus grand nombre d’entrées sur le site lors d’une même soirée, avec le nouveau nombre de 9 600.

Le succès de cette édition peut être attribué à la diversité de la programmation, mais également à la couverture médiatique de l’évènement ainsi qu’à une campagne de promotion efficace et ciblée, sans toutefois être envahissante. Quelle qu’en soit la raison, on peut se demander comment le festival fera pour répondre à la demande pour l’édition 2012, qui sera assurément plus importante encore compte tenu de la réussite totale de cette année.

En ce sens, il s’avèrera sans doute nécessaire de trouver le moyen d’accueillir davantage de spectateurs devant la scène principale, puisque l’on doit reconnaître qu’il était parfois difficile de circuler au plus fort de l’action, et que ceux qui se risquaient jusqu’à l’avant de la scène devaient par moments faire attention de ne pas se faire bousculer par le mouvement de foule qui d’animait derrière eux. Heureusement, on ne note pas d’incident malencontreux compte tenu de la sécurité discrète mais bien présente, en plus du sens du civisme des participants. De même, il faudra peut-être songer à revoir le concept de la seconde scène qui a fait sa première incursion cette année sur le site de l’Igloofest – à l’image de la scène STM du Piknic Électronik – pour permettre à davantage de festivaliers d’assister aux performances des artistes locaux.

En effet, bien qu’il ne fasse nul doute que Montréal dispose de nombreux artistes de talent, il aurait été difficile d’imaginer qu’une longue file d’attente se formerait chaque soir à l’entrée de cette seconde scène. On a ainsi la confirmation que le public qui assiste à l’événement est non seulement au courant de ce qui se trame chez certains des grands noms de la musique électronique à l’extérieur des frontières, mais qu’il possède également des racines bien ancrées au sein de la scène montréalaise. La métropole peut ainsi se vanter de disposer d’un public branché et à l’affût des nouvelles tendances, supporté par une solide base d’artistes de talent.

Cette dernière fin de semaine avait débuté jeudi par la présence de deux des grands noms de la scène techno de Détroit, Carl Kraig et Stacey Pullen, accompagnés de Jordan Dare pour venir compléter le trio de cette soirée thématique. Sous l’igloo réservé aux artistes locaux, PomPe tes PiPes y est allé de tout son savoir-faire pour envoûter la foule à l’aide d’une large sélection de styles savamment enchaînés de manière fluide. Formé des héros du Piknic Électronik qui travaillent normalement dans l’ombre, le trio a rapidement attiré non seulement curieux et amateurs déjà convertis à leur rythmes, mais aussi d’autres membres de l’équipe du Piknic. Venus assister à la performance de leurs collègues, la démonstration à six mains s’est rapidement transformée en véritable pow-wow de musique.

Sans doute une des soirées les plus attendues de cette édition de l’Igloofest 2011, la nuit de vendredi continuera sans doute de faire parler d’elle encore longtemps face à la quantité de festivaliers présents sur les lieux, aussi bien que l’ambiance qui régnait sur le site. Bowly, SBTRKT et Ikonika ont d’abord entamé la soirée avec leurs registres fétiches de dubstep et de 2-step, teintés tantôt de techno, tantôt de UK-funky, avant de céder la place à Poirier rejoint sur scène par les MC Face-T et Boogat. Revenu d’Afrique du Sud à peine quelques jours avant l’événement, le DJ et producteur montréalais a livré un spectacle aussi rythmé qu’à l’habitude, teinté de quelques surprises au début et à la fin de son set. En effet, dès son entrée en scène, Poirier y est allé d’un rigodon pour souligner le caractère bien de chez nous de ce festival, avant de poursuivre sur la sélection de soca, de dancehall et de rythmes tropicaux qu’on lui connaît. Dernière surprise de la soirée avant de quitter la scène, les membres d’Omnikrom se sont joints à lui et ses partenaires au micro pour souhaiter un joyeux 40e anniversaire à Michel Quintal, directeur de la programmation du festival.

On se doit également de souligner le travail accompli par tous les VJ invités à apporter leur contribution à l’ambiance de ce festival, qui ne serait définitivement pas le même sans leur apport inestimable. Ils font malheureusement partie de ceux qui travaillent dans l’ombre de ce festival, comme les organisateurs et les autres membres de l’équipe, ce qui fait en sorte que l’on ne leur donne pas toujours crédit pour la quantité et la qualité du travail qu’ils accomplissent.

Cet événement d’envergure au beau venir de se terminer que l’on pense déjà à ce que la prochaine édition nous réserve. D’ici là, on peut reposer nos pieds endoloris près du radiateur et se réjouir en pensant que le Piknic Électronik fera son retour au mois de mai. On peut également s’attendre à toute une Nuit Blanche lors du prochain festival Montréal en Lumière, alors que Poirier sera à nouveau entouré de ses collaborateurs pour mettre le feu à l’ambiance du Club Soda lors de la 8e édition de Karnival.

Album complet de l’évènement

Karnival v.7

On aurait pu croire que la gifle servie à Montréal par le mois de décembre aurait pu avoir une influence sur le nombre de gens prêts à sortir un vendredi, mais ça serait mal connaître la fidélité des amateurs de basses fréquences et de rythmes des tropiques.

L’invité spécial de cette dernière édition de Karnival de 2010 était Valeo, ancien animateur et maintenant collaborateur de l’émission Masala sur les ondes de CISM. On n’avait pas eu la chance d’assister à un DJ set de sa part depuis le lancement officiel de Masalacism, le label associé à l’émission, lors des FrancoFolies plus tôt cette année. Un retour live très attendu, puisque l’on n’avait pas pu écouter une de ses sélections depuis un moment déjà, malgré quelques collaborations occasionnelles sur les fréquences FM.

Comme d’habitude, une sélection toujours aussi raffinée de sa part, symbole de sa contribution à l’émission et à la réputation dont elle jouit aujourd’hui auprès des niches spécialisées. Un véritable tour d’horizon des rythmes qui font actuellement vibrer les différents pôles d’influence de par le monde.

Un peu comme un cadeau de Noël avant le temps, c’est un set de plus de 3h qu’a par la suite offert Poirier au Belmont avec le support de Face-T au micro pour interpréter quelques classiques avec sa touche jamaïcaine. Les lustres installés dans l’entrée du bar tremblaient au rythme des basses fréquences, et les consommations laissées sur les tables s’agitaient dans leur verre comme si un T-Rex s’agitait sur le dancefloor. Métriques incontestables d’une soirée réussie.

Moment fort du rendez-vous, avoir joué Palance deux fois, successivement. Pas comme un rewind, non. Deux fois, l’une à la suite de l’autre, avec une réponse encore plus vive de la foule la seconde fois. Un véritable cadeau de fin d’année pour clore la saison 2010 de Karnival.

Sans vouloir faire un bilan de l’année 2010 à proprement parler puisqu’il s’agirait d’une répétition de ce qui a déjà été dit à de nombreuses occasions par les derniers mois, on doit cependant souligner le fait que l’année qui s’achève a été plutôt mouvementée pour Poirier. Année au cours de laquelle il a régulièrement occupé une place tant sur la scène musicale avec ses collaborateurs habituels que sur la scène « médiatique ».

Ironiquement, sa présence a débuté 2010 par son absence de l’Igloofest en janvier, alors qu’il était en tournée australienne en compagnie d’MC Zulu. Absence remarquée, dans le sens où il était un des rares artistes — locaux, qui plus est — à amener une touche de variété au sein d’une programmation souvent pondérée d’un même côté du spectre de la musique électronique. On est cependant heureux de constater que le talent des artistes d’ici parvient à traverser aussi aisément les frontières comme si elles étaient toutes tombées. Peut-être d’ailleurs un signe de l’identité propre de Montréal.

À peine revenu de sa tournée à l’autre bout du monde, il nous avait offert une performance mémorable lors de la Nuit Blanche de Montréal en Lumière au mois de février, aux côtés de Bonjay, de Ghostbeard, de Valeo, de Face-T et de Boogat. Cette seconde édition de Karnival a charmé un Club Soda complet, en plus de permettre à plusieurs de découvrir les talents de ces canadiens aux origines toutes aussi variées, en offrant à ces artistes l’occasion de se produire devant un public composé de gens qui n’étaient pas forcément familier avec leurs œuvres.

La fin du mois de mars avait quant à elle débuté la saga du bruit à Montréal, avec l’intervention de la police pour limiter le volume du système de son de la Société des Arts Technologiques, qui accueillait plusieurs artistes de renommée international tels que Lazor Sword, Flying Lotus et Benga. Le service de police était intervenu après une plainte formulée par un nouveau résident du Quartier des Spectacles, propriétaire d’un logement à proximité de la SAT. Le producteur montréalais avait alors écrit en avril une lettre ouverte à l’intention de M. Gérald Tremblay faisant part de l’inquiétude de la scène musicale montréalaise par rapport à la cohabitation entre salles de spectacles déjà établies et résidents venus s’installer dans le quartier après la construction de lofts et de condos.

Quelques jours seulement avant la publication de cette lettre, Poirier avait lancé son septième opus, Running High, un album double compilant ses derniers EP sur un premier disque et offrant des remix orchestrés par plusieurs artistes de différents horizons sur le second. Sans doute un des meilleurs albums de l’année, tous genres confondus, catégorisé en tant que « musique électronique » à défaut de pouvoir le classer plus adéquatement ailleurs. Album qui recevra par la suite le prix du meilleur album de musique électronique au GAMIQ en novembre.

Les soirées Sud-West ont revu le jour à partir du mois de mai à la Terrasse St-Ambroise, avec Ghostbeard et Poirier aux commandes du système de son de la brasserie situées sur les rives du Canal Lachine. Un peu loin du centre-ville, certes, mais toujours une excellente occasion de profiter du BBQ, de la bière, de la musique et de l’ambiance de la terrasse que l’on peut rejoindre à vélo.

Juin était habituellement l’époque de l’année où les shows sous le viaduc Van Horne/Rosemont étaient les plus nombreux et/ou déchaînés, mais des difficultés à obtenir l’approbation de la ville ont contraint l’annulation du Bridge Burner. Le début officiel de l’été a cependant été souligné par la parution d’une mixtape de Boogat mixée par Poirier avec la collaboration de Valeo, qui a contribué a cimenter la dynamique établie entre le MC et le producteur.

Le mois de juin était également l’occasion de débuter les célébrations du 20e anniversaire de Ninja Tune, qui ont commencé à Montréal avec une programmation spéciale dans le cadre du Festival International de Jazz. Quatre concerts pour célébrer ces 20 bougies, mettant en vedette Kid Koala, DJ Food, Spank Rock, Kode9, Anti-Pop Consortium, Bonobo, Mr Scruff et Andreya Triana, sous la supervision du parrain Ghostbeard (Jeff Waye), responsable de la division nord-américaine du label à Montréal. En plus d’y tenir la troisième édition de Karnival aux côtés de Kode9, Poirier avait également participé aux festivités internationales du label dont celles de Paris et de New York au cours de l’automne.

S’il y a une chose qui a occupé la majeure partie de l’actualité culturelle montréalaise au cours de septembre, c’est bien le Projet Noise présenté par l’arrondissement du Plateau Mont-Royal, qui contraint les propriétaires de bars et de salles de spectacle à payer des sommes colossales pour émettre du bruit à un volume non-défini. Suite de la saga du bruit débutée en mars, cette bataille majeure n’a certes pas fait de réel vainqueur, mais n’a pas non plus permis de lever les amendes imposées aux « contrevenants ». Lors de cet épisode du combat anti-son/pro-nightlife, le producteur montréalais s’était illustré par sa seconde lettre ouverte adressée au maire de Montréal, intitulée Montréal : Niveler par le silence. Ce plaidoyer pour faire en sorte que la métropole ne mette pas en place des normes aussi strictes que certaines villes telles que Paris ou New York avait lui aussi trouvé écho sur différentes tribunes, tout comme la lettre rédigée en avril. C’est ainsi que le magasine d’actualité culturel Voir avait invité le producteur à un débat avec le maire Ferrandez dans le cadre de son émission hebdomadaire. On peut voir là un signe de l’ampleur du malaise au sein de la scène culturelle, mais également signe de la crédibilité et de la réputation que Poirier a acquis dans le milieu.

Situation similaire, toujours en septembre, au sujet des critères de soumission et de sélection de l’ADISQ. On reprochait ainsi à cette fête des producteurs d’être davantage une fête des gérants de l’industrie plutôt que des artistes qui s’illustrent ici et ailleurs. On critiquait également les coûts associés à la soumission d’une candidature, surtout comparé aux Junos du canada-anglais.

C’est sans doute en partie grâce à cette réputation que M pour Montréal lui a offert de devenir l’ambassadeur de l’édition 2010 du festival, en disant de lui qu’il incarnait l’exemple parfait du self-made-man montréalais. C’est ainsi qu’il a clôturé le festival par 30 minutes concentrées en rythmes, profitant des imposantes basses du Métropolis, avec un duo de MC (Face-T et Boogat) débordant d’énergie. Une performance qui aura certainement laissé une vive impression dans la mémoire de promoteurs étrangers invités dans le cadre de ce showcase.

Le tout, sans oublier les soirées Karnival qui sont devenues mensuelles à partir de l’automne, et au cours desquelles on a eu la chance d’assister aux performances d’artistes tels qu’Uproot Andy, Tasha Rozez, J-Wow, Valeo, Rilly Guilty, Jacob Cino et VoIoNoCo. Une sélection toujours aussi savamment articulée et livrée avec énergie, souvent accompagnée des performances de MC tels que Face-T, Boogat, Mr OK et Mikey Dangerous, et avec des prestations occasionnelles de danse (tant d’artistes que de demoiselles du public).

Ouf. Toute une année, et tout un non-bilan, qui ne fait d’ailleurs pas mention d’évènements tels que le Carnival de Noting Hill, le Womad de Bristol, le SXSW d’Austin, le festival Get Low de Miami, le Black World Festival de Dakar et bien d’autres encore.

On nous promet déjà des surprises tout aussi excitantes pour l’année qui est sur le point de commencer, et on est bien curieux de voir ce que 2011 nous réserve. Peut-être un Juno ?

Crookers – Arena feat. Poirier & Face-T

Live à Montréal en Lumière 2009

Poirier à M pour Métropolis

Un public en confiance prêt à se laisser emporter par la musique.
Un système de son de plusieurs dizaines de milliers de Watts.
Une levée de rideau dramatique.

C’est introduit par Sébastien Nasra et Mikey Rishwain Bernard que Poirier, porte-parole de M pour Montréal et lauréat du prix d’album électronique de l’année au GAMIQ, a fait son entrée en scène pour clore cette 5e édition du festival, avec Face-T et Boogat à ses côtés.

Comme les organisateurs l’ont souligné avant de lever le rideau, c’est pour l’ensemble de ce qu’il a accompli au cours de sa carrière qu’ils ont demandé à Poirier de représenter le festival en 2010. En effet, c’est pratiquement seul que le montréalais est parvenu à se hisser à la position enviable qu’il occupe actuellement, avec comme seuls outils son savoir-faire et les ressources à sa disposition. Signé au réputé label Ninja Tune, avec des apparitions sur les scènes de plusieurs grands festivals et après déjà plusieurs tournées internationales qui ont laissé leurs marques sur son passeport, sa réputation de DJ tout comme ses talents à la composition sont maintenant bien établis.

Ses plus récentes prises de position sur la question du projet Noise ou encore au sujet des politiques de l’ADISQ ont cependant exposé un autre côté de l’Homme qui ne transparaît pas forcément depuis l’arrière des platines. Un côté articulé, qui se porte à la défense des intérêts de ceux qui se retrouvent parfois brimés par les pouvoirs des plus grands joueurs qui établissent les règles pour asseoir leur autorité. C’est donc sans grande surprise que l’on constate que certains puissent voir en lui l’âme d’un « bon leader politique ».

Une performance d’une demie-heure — festival oblige — qui a offert un rythme différent de celui des soirées Karnival avec lequel on devient maintenant un peu plus familier après 6 éditions, mais qui a permis aux artistes de livrer tout ce qu’ils avaient à offrir. Une portion concentrée des collaborations du trio PoirierFace-TBoogat qui provoquent le plus de déhanchements devant la scène, dont les mélodies demeurent prisonnières de l’esprit dès la première écoute. Portion servie avec vigueur et énergie par les deux MC qui étaient absents du rendez-vous précédent, mais qui ont redoublé d’ardeur dans leur interprétation en arpentant les planches de la scène du Métropolis et en mettant la gravité à l’épreuve à plusieurs reprises.

On peut maintenant s’attendre à voir celui que l’on a présenté comme l’ambassadeur du Québec faire davantage de voyages diplomatiques à l’étranger après ce spectacle qui aura donné aux promoteurs étrangers, principalement venus d’Europe et des États-Unis, un aperçu de ce que l’on peut maintenant vivre chaque mois au Belmont.

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Le prochain Karnival mettra en vedette Poirier et Valeo (ex-Khiasma de Masala), le 10 décembre au Belmont, dans une performance spéciale au cours de laquelle les deux artistes se produiront pour une durée exceptionnellement allongée. D’ici-là, pour vivre une autre expérience de basses fréquences tropicales, Geko Jones (Dutty Artz, Que Bajo?!) sera l’invité du prochain Masala Sono qui se tiendra au Divan Orange en compagnie des DJs Jeune Premier et Bendude, avec la participation de Mr OK et de Boogat.

Pour plus de détails, consulter

Album photo complet de l’évènement

Karnival v.6

Les soirées Karnival nous ont habitué à leur lot de surprises au cours de la dernière année, mais rarement l’anticipation aura été si grande à la veille d’un rendez-vous tropical.

Grande anticipation donc, puisque – d’une part – l’évènement s’inscrivait dans le cadre des célébrations des 25 ans du Belmont, au même titre que les soirées précédentes qui mettaient en vedette Construct & Vilify et Al P de MSTRKRFT, et que – d’autre part – J-Wow, le producteur de Buraka Som Sistema, était l’invité spécial de cette 7e édition.

Comme une soirée de l’international des feux d’artifices qui illumine le ciel de Montréal au cours de l’été, le pays à l’honneur lors de cette édition était le Portugal, avec comme représentants à la fois Rilly Guilty et J-Wow, bien que la panoplie des rythmes présentés n’avait que peu de choses en commun avec le folklore de la péninsule Ibérique. C’est ainsi un mélange de plusieurs horizons qui a été servi tout au long de la soirée, en débutant par les beats de Guilty qui ont su mettre en appétit les amateurs venus nombreux pour se réchauffer au rythme de ses BPM en crescendo au long de son set. Rythmes qui ont trouvé un écho particulier parmi ceux qui se sont amassés au pied de la scène, et qui ont formé une masse de gens beaucoup plus compacte que lors des débuts de soirée des éditions précédentes. Signe indéniable, donc, que Guilty est parvenu à mettre le doigt sur les cordes sensibles qui parviennent à faire vibrer le public, qui le lui rend bien à chacune de ses performances de plus en plus remarquées aux quatre coins de la ville, aux côtés d’artistes tels que Ras G, Roska ou, tout récemment, Aloe Blacc.

J-Wow, l’invité spécial de ce Karnival et second représentant du Portugal, s’est quant à lui exécuté de la façon dont on s’imaginait, à l’image du producteur derrière les compositions aux accents du soleil de l’Angola de Buraka Som Sistema. Certes, J-Wow a pigé au sein d’un registre plus large que celui que l’on associe au groupe en y allant d’une sélection qui n’était pas restreinte au matériel produit dans le cadre de sa collaboration avec les autres membres du quatuor, mais l’on a pu distinctement cerner sa signature tout au long de son set. Une performance qui nous remémore la dernière prestation de Buraka Som Sistema d’avril 2009 – autrement dit, il y a une éternité déjà – et nous rend nostalgique de cette époque où l’aura du Zoobizarre s’étendait plus loin que les frontières de Rosemont–La Petite-Patrie.

Le tout, sans oublier la contribution de son instigateur à la réussite de cette 7e soirée Karnival, avec une performance double à l’image des précédentes. Modèle qui assure que tous pourront profiter de la diversité aussi bien que de la qualité des pièces que Poirier offre au menu de sa sélection. Modèle qui permet également de réchauffer davantage le public pour l’entrée en scène de l’invité spécial, et de clore le chapitre en fin de soirée en effectuant un retour aux commandes de la console avant le last call.

Seul changement par rapport aux éditions précédentes, la participation de Mr OK comme seul MC en l’absence de Face-T et de Boogat, et dont on avait déjà pu apprécier les talents à quelques occasions depuis le début de l’année. Lourde tâche que celle d’occuper la place des deux MC établis sans toutefois tenter de les remplacer, accomplie avec brio.

Une soirée que l’on anticipait avec beaucoup d’intérêt, et qui a comblé toutes les attentes par une sélection aiguisée de la part de tous les artistes, avec une exécution sans aucun dérapage. Si l’anticipation est parfois une arme à double tranchant devant des attentes qui peuvent être démesurément élevées, le résultat s’est ici avéré être à la hauteur des attentes, encore une fois.

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Le Karnival v.7 se tiendra au Belmont le 10 décembre prochain, alors que Valeo (ex-Khiasma de Masala) accompagnera Poirier et ses collaborateurs habituels Face-T et Boogat, qui participeront également à l’évènement M pour Métropolis ce samedi, aux côtés de Misteur Valaire, The Dears, Priestess, La Patère Rose, Pascale Picard et… Gene Simmons.

Pour obtenir davantage d’information, consulter

Feedback vidéo préparé par l’équipe du Nightlife :

Album photo complet de l’évènement

GAMIQ 2010 : les lauréats

C’est hier que se tenait la 5e édition du gala alternatif de la musique de la musique indépendante du Québec (GAMIQ) au Studio Juste pour Rire. Gala d’autant plus attendu cette année que les récentes décisions de l’ADISQ lui ont valu de nombreuses critiques, notamment par rapport à ses positions qui favorisent les grands joueurs de l’industrie et qui tentent de protéger leurs acquis au détriment des artistes indépendants.

Après avoir pris la décision de supprimer la catégorie Meilleur album électronique, ainsi que devant les montants élevés qui doivent être déboursés afin de soumettre une candidature, le monde culturel qui n’est pas représenté par ce pow-wow des élites de l’industrie a fait entendre sa voix pour revendiquer une structure semblable à celle des Juno… sans succès.

Les lauréats de l’édition 2010 sont les suivants, tels que déterminés par un jury formé de journalistes, de gérants de magasins de disques et de programmateurs de salles de spectacles et de festivals de partout au Québec, tant anglophones que francophones. La participation du public dans la catégories Artiste de l’année, Spectacle de l’année, Chanson de l’année, Révélation de l’année, Étoile montante de l’année et Vidéoclip de l’année comptait pour 50% du vote, l’autre moitié provenant des votes du jury de chaque catégorie.

Bravo à tous les gagnants, ainsi qu’aux nominés.

  • Artiste de l’année : Bernard Adamus
  • Spectacle de l’année : Misteur Valaire
  • Auteur-compositeur de l’année : Fred Fortin
  • Chanson de l’année : La question à 100 piasses, Bernard Adamus
  • Révélation de l’année : Bernard Adamus
  • Étoile montante de l’année : Random Recipe
  • Vidéoclip de l’année : Dekshoo, Radio Radio
  • Album Chanson de l’année : Plastrer la lune, Fred Fortin
  • Album Électro de l’année : Running High, Poirier
  • Album Électro Rock de l’année : Invisible Violence, We Are Wolves
  • Album Expérimental de l’année : Black Feelings, Black Feelings
  • Album Folk/Country de l’année : Brun, Bernard Adamus
  • Album Hip-Hop de l’année : Belmundo Regal, Radio Radio
  • Album Indie Rock de l’année : The Besnard Lakes Are The Roaring Night, The Besnard Lakes
  • Album Métal/Hardcore de l’année : Day of Mourning, Despised Icon
  • Album Pop de l’année : La fuite, Le husky
  • Album Punk de l’année : Zombie Nation, The Brains
  • Album Rock’n’Roll de l’année : Sein noir sein blanc, Sunny Duval
  • Album World de l’année : Hay que subir, Hombre
  • DVD de l’année : WD-40 : Né pour être sauvage, WD-40

Plus d’informations sur le site du GAMIQ, au www.gamiq.net, en attendant les Juno en mars 2011.

Pour davantage d’information au sujet du remous entourant le gala de l’ADISQ de cette, consulter les liens suivants :

Tournage de The National Parcs

Tournage du clip de The National Parcs pour leur remix de 90’s Backyard de Poirier.

Album photo complet

Behind the scenes, par safe solvent :